Le musée Artcolle : une brève histoire

 


Si Artcolle est né en octobre 1992 (sous le nom de Collectif Amer), l'idée de créer un centre de documentation sur l'art du collage puis un musée consacré à cet art est né vers 1997.
Beaucoup d'adhérents du Collectif Amer n'étant pas emballés par ce projet - la promotion de soi-même à travers ses collages  n'étant pas forcément pour tous le même objectif que la promotion de l'art du collage, il n'y a qu'à voir tous les ersatz d'Artcolle, créés ces dix dernières années, et dont aucun n'a dépassé 6 mois d'existence, si ce n'est plus de 3 adhérents !)  - un compromis fut trouvé.
Celui de la création d'une deuxième association - Artcolle - avec la création d'un musée pour but - parallèlement à l'existence du Collectif Amer.
Le compromis étant également que je pouvais mener ce projet en utilisant les moyens du Collectif Amer (photocopieuse, timbres !) sous réserve que je continue à diriger le Collectif, dont j'étais chaque année régulièrement réélu en tant que président.
Finalement, le projet Artcolle me prenant beaucoup de temps, de plus en plus difficile à gérer avec la gestion et la promotion du  Collectif Amer (ainsi que mon emploi à Air France, mes 5 heures de transport chaque jour, etc.) - Collectif  dont je m'éloignais quant au but - je décidai de donner ma démission de président du Collectif Amer en 1999, après avoir organisé et géré le salon du collage de cette année là.
J'avais préalablement établi un programme de 11 expositions sur les 2 prochaines années - négocié par mes soins - et une trésorerie largement bénéficiaire.
Sur ces faits - et lassé du refus de mes dossiers de subvention - je décidai de quitter mon emploi à Air France - après 17 années d'ancienneté - afin d'avoir une mise financière pour créer ce musée, et de vivre pleinement mon but et ma passion. Après négociation sur le montant pour mon départ j'achetai une ancienne fermette près de Sens, à 100 km de Paris.
Là je remis seul en état l'ancienne grange attenant à la maison d'habitation, de A à Z, en passant par les obligations légales pour un lieu destiné à être ouvert au public : mur et plafond anti feu, néons protégés sous cache, alarme incendie, accès handicapé, et tout le pataquoués, pour obtenir l'homologation de la préfecture. Ceux qui ont visité le musée savent que c'était là un très bel espace.
Entre temps - six mois après mon départ du Collectif Amer - le nouveau conseil d'administration avait massacré le résultat de mes 7 années de travail à sa tête, perdu tous les accords d'expo, la crédibilité auprès des contacts officiels,  et liquidé la trésorerie !
Comme vous le savez, les " y'a qu'a - faut qu'on " et la parlotte  ne remplacent pas le travail et encore moins la passion..
Sur ce résultat le Collectif Amer s'est auto- dissous et tous les membres ont souhaité rejoindre Artcolle (pour ne pas dire PJ).
Cette histoire, peu la connaisse, puisque la version officielle fait naître Artcolle en 1992, ce qui n'est pas vraiment faux tout de même, puisque c'est le même fondateur, et surtout au final les mêmes membres, sans qui rien n'aurait pu se faire !
Je remis sur pied les activités d'exposition et toutes les autres choses, et dans le même temps inauguré le 1er musée au monde consacré à l'art du collage, en avril 2000, en organisant exceptionnellement cette année là le salon du collage contemporain au musée.
Inauguration en fanfare, même la petite nièce de son S.A.S. le pape Pie XI était présente, puisque collagiste, le public, une centaine de pratiquants de l'art du collage, la presse, les officiels et le Conseil Général de l'Yonne (qui m'avait refusé lui aussi les subventions).
Le musée fonctionna jusqu'en 2005 : expositions de collagistes contemporains - de plus de 25 nations ! -  avec aussi des grands noms comme  Kolar, Villeglé, Coaquette, Dorny, Mandeville, etc. Le musée offrait aussi l'accès à sa documentation sur l'art du collage, et des vidéos inédites y étaient projetées, etc. Le public  était composé de passionnés (parfois venant de très loin : Australie, Nouvelle Zélande, Japon, USA, etc. ) d'amateurs d'arts locaux, de scolaires (j'accueillais souvent les cars scolaires !), de C.A.T, etc.
Créé sans subvention, il fonctionna sans subvention, bien sûr, car je refusais l'aumône de la mairie et du conseil général me proposant 200 euros par an ! Vous lisez bien : 200 euros ! L'association municipale des joueurs de pétanque, regroupant 17 adhérents, en avait plus ! Par respect pour notre groupe - non politique ! - je ne vous dirais pas la couleur politicienne du maire et du conseil général  de l'époque  …….  -  bien que  les minables n'ont pas de couleur politique -  ils ont depuis été virés par les électeurs.
Fidèle à ma façon de voir les choses, bien que sans subvention, l'entrée y était totalement gratuite.
L'absence de subvention ne m'ennuyait pas outre mesure - mieux vaut être indépendant que faire du violon - mais j'avais commis l'erreur d'acheter cette fermette à deux noms - vous savez : amour, toujours ! Le deuxième problème est qu'à 50 ans je me sentais encore assez d'énergie pour aborder la création d'une maison d'édition sur l'art du collage, puisque là aussi, rien n'avait été fait, tant en France, qu'à l'étranger, et que j'aime les défis, les montagnes à franchir, même si après les avoir franchis il me faut absolument un autre objectif, un autre horizon, une autre montagne à franchir, de peur de l'ennui.
Or, si j'avais voulu créer ce fameux musée je n'avais jamais souhaité devenir PJ en son musée, en quelque sorte roi sur son trône.
Ce que j'étais devenu contre mon gré, ou sans en prendre garde.
Bref, l'ennui me gagna, l'ennui que je fuis comme la peste - là où d'autres auraient savouré l'odeur des lauriers, je ne sentais moi que la naphtaline, et surtout un travail non fini, car seul le Livre permet de sceller la reconnaissance , et de cela l'art du collage en était orphelin.
Le divorce qui suivit - dans tous les sens - fut catastrophique - avec mon fils pour otage - j'y laissa toutes mes plumes.
Trop vieux pour reprendre un travail - et trop indépendant pour dire oui lorsque je pense non - et ne voulant surtout pas abdiquer mon choix de vie d'artiste - je fis un sac de voyage, allai à l'aérogare Roissy CDG (vieille habitude d'autrefois) et prit le premier avion en partance.
Ce fut pour la Bulgarie.
Dès là-bas je repris en main le projet d'édition de livre, et profitant du fait que j'avais déjà créé un site internet Collectif Amer dès les premiers soubresauts du web en France en 1993 (à l'époque de la gloire du minitel nous devions être moins de cent en France à y croire !) je mis "  tout le paquet " sur le web, seul moyen de communication qui ne donnait pas le lieu - et surtout pas le pays - où je résidais.
En fait, hormis Bertrand Athouel, aucun autre membre d'Artcolle ou autres collagistes n'était au courant que je ne vivais plus en France : je continuais à organiser les expos, le salon, et les autres activités en d'incessants allers- retours à Paris, comme si j'étais toujours dans l'Yonne.
Sur internet j'annonçais concernant le musée  : fermeture pour travaux, ce qui évitait les questions.
Trois ans plus tard, lorsque le divorce fut prononcé, sauvant l'essentiel : la collection du musée Artcolle - et la mienne tout aussi importante - et récupérant une maigre partie de ma mise de départ,  je m'installais en Bretagne.
Comme rien n'a été facile il m'a fallu deux années de plus pour récupérer la collection du Musée Artcolle et la mienne, les deux n'en faisant qu'une dans l'objectif : être à la disposition du public, et des générations futures.
Entre mon départ en Bulgarie en 2005 et aujourd'hui, nous avons publié 8 ouvrages (officiels) sur l'art du collage, dont 4 sont diffusés par les Fnac, et au moins 3 font office de référence en la matière. Le prochain sera sur Jiri Kolar en fin d'année, et pour 2011 un autre ouvrage est prévu - mais il n'est pas l'heure d'en parler - ceci pour dire que OUI, à présent, il existe une maison d'édition - si petite soit-elle - consacré exclusivement à l'art du collage, ce qui n'était pas le cas lors de la création du musée.
Et maintenant que ces livres existent, qu'ils font référence, à présent il est temps de recréer le musée.
Pour l'avenir. La collection unique que j'ai amassée, cela n'a jamais été pour en faire commerce, ou pour l'emporter dans ma tombe, ni pour mon héritier - mon cher fils - ni pour une brune - ô les jolies brunes - mais pour tous ceux qui s'intéressent à l'art du collage - génération actuelle et générations futures.
Il est donc hors de question de refaire le musée "  en ma demeure " - car justement n'étant pas immortel - je le sais d'autant mieux chaque jour - c'est l'après PJ que je me dois de préparer dès à présent.
Après deux années de travail pour ce renouveau, j'ai le plaisir - l'immense joie - de vous annoncer la très prochaine réouverture du musée Artcolle.
Les négociations officieuses sont sur leur fin - les négociations officielles commenceront  d'ici quelques mois. Un lieu est déjà prévu : il s'agit d'une chapelle du XVIème siècle, qui va être restaurée pour cela (voir les photos).
Il y a beaucoup de travail à faire mais il me semble que l'ouverture en 2011, voir 2012 au plus tard - pour le centenaire de l'art du collage - est un objectif jouable.
Cela veut dire également la reconstruction de la structure administrative  d'Artcolle : adhésion financière - il va en falloir sacrément -  et regroupement des troupes motivées qui m'ont toujours fait confiance.
A la santé de notre nouveau musée de l'art du collage, unique et prochainement immortel.
Bien à toutes et tous
Pierre Jean Varet







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